Partager l'article ! Rectrices de Foulque macroule, Fulica atra: Lors d'une randonnée en Sologne que j'ai effectuée le 4 mars 2012, je repère une  ...
Lors d'une randonnée en Sologne que j'ai effectuée le 4 mars 2012, je repère une Foulque macroule flottant sur un étang, visiblement morte naturellement (pas de trace de plombs). Il est étonnant de constater que ces oiseaux, comme les canards, continuent de flotter sur l'eau même après leur mort, leur plumage étant gonflé d'air, facilitant leur découverte.
Étangs de Sologne, 04 mars 2012.
Photographies Silvère Jarrosson
En récupérant des plumes sur l'oiseau, je constate que les rectrices sont très petites, et presque entièrement recouvertes par les sus-caudales. De plus, leur rachis est très fin, ce qui fait que ces plumes sont peu solides, et qu'elles passeraient facilement pour des tectrices. Ce type de rectrices atrophiées se retrouve d'ailleurs chez les grèbes.
Origine : Plumes prélevées sur oiseau mort
Type : Rectrices
Lieu : La Ferté Saint-Cyr, France
Date : 04 mars 2012
Biométries :
R?: 66 mm, R ?: 63 mm R ?: 68 mm R ?: 67 mm R ?: 68 mm
R ?: 67 mm R ?: 65 mm R ?: 63 mm R ?: 64 mm R ?: 61 mm
Photo 1: Rectrices de Foulque macroule, la Ferté Saint-Cyr (Loire et Cher), 4/03/2012.
Noter la petite taille relativement à l'oiseau, et le rachis fin.
Photo 2: Aile de foulque macroule, face externe.
Noter les liserés balnc sur les parties distales des secondaires.
L'explication de cette atrophie des rectrices des foulques et des grèbes est à rechercher dans leur comportement : lorsque ces oiseaux nagent, leur rectrices ne leur servent à rien (car c'est avec leur pattes qu'ils se dirigent), tandis que lorsqu'ils volent, elles ne leurs servent pas à grand chose non plus, car on sait que ces oiseaux se dirigent avec leur cou (qui est relativement long justement) plutôt qu'avec leur queue. Les foulques et les grèbes ne se servent donc probablement jamais vraiment de leurs rectrices. L'évolution a donc certainement fait que les rectrices des foulques et des grèbes ont eu tendance peu à peu à s'atrophier et à se « transformer » en tectrices, en étant plus petites et moins solides. On sait que lorsqu'un organe ne sert à rien dans un organisme, il a tendance à s'atrophier au cours de l'évolution (comme les ailes des autruches, par exemple, qui se sont atrophiées à force que l'oiseau ne vole plus).
Cette hypothèse est la plus vraisemblable pour expliquer la petite taille et le rachis fin des rectrices de Foulque macroule présentées ici. Elle n'est cependant pas parfaite, puisqu'elle n'explique pas pourquoi certains oiseaux qui nagent avec leur pattes et se dirigent avec leur long cou comme les foulques et les grèbes n'ont pas des rectrices si réduites comme par exemple le Canard Colvert, Anas platyrhynchos.
Références bibliographiques :
- Charles Darwin, L'origine des espèces, 1859, Edition le Seuil 1992
- D'Arcy Tompson, Formes et Croissance, 1961, Edition le Seuil 1992
- Chloé Fraigneau, Reconnaitre facilement les plumes, Delachaux et Niestlé 2007
- www.wikipédia.fr, article "Plume"
Silvère Jarrosson